Ma vie en sport, ma vie en vrai

 

Ma vie en sport

Sébastien Spehler

Né le 14 avril 1988 à Colmar

Taille: 169 cm

Poids: 58 kgs

Team Salomon France

        Je participe à ma première course à pied à l’âge de 6 ans (1994) à la corrida de Kientzheim ou j'habitais à ce moment la.

        A 11 ans (1999), je part dans le sud de la France, à la Seyne-Sur-Mer. Me voilà licencié au CSM de la Seyne. Dès lors, je m’oriente plus vers la course de demi-fond: piste, cross, etc, ... pour arriver en cadet à mes premières courses sur route.

        En 2006, retour en Alsace et je découvre un nouveau sport: le cani-cross. Je deviens plusieurs fois Champion de France et d'Europe, puis Champion du Monde en 2011. 

        L'année suivante, en 2012, je fais ma première course de montagne et quelques mois plus tard, mon premier trail. En avril, j'ai la chance d'intégrer le Team Trail Adidas. Cette nouveauté me permet de voir plus loin et de me fixer d'autres objectifs. 

        En 2013, je fais de belles courses et finis l'année par le premier titre de Champion de France de Trail Long, sous les couleurs du CSL Neuf-Brisach.

        L'année 2014 a été riche en émotions. Elle débute par de belles victoires comme lors du Trail du Ventoux, le Lyon Urban Trail, la Maxirace, la 6000D, ... Grâce aux courses qualificatives réalisées tout au long de l'année, je remporte, en septembre, le Trail Tour National. 

        En 2015, je me lance dans un nouveau projet personnel: suivre une formation de coach sportif. Je me suis vite rendu compte qu'il est difficile de performer sur deux types de terrain. L'un prend forcément le pas sur le second, et, en l'occurence, j'obtiens mon diplome de coach sportif. Je réussis toutefois à remporter quelques belles courses comme le Trail du Petit Ballon ou encore la 6000D. 

        2016, je pars plus sur des formats roulants et ne dépassant pas les 8h de course. J'arrive à remporter quelques belles courses et prend beaucoup de plaisirs.

        2017 a été une année bien réussie, avec des victoires sur différents formats: Lyon Urban Trail, Maxi-Race, Templiers mais aussi sur du plus court.

       2018 début d'une nouvelle aventure avec le team Salomon :) 

 

Ma vie en vrai

 

Je suis né à Colmar, le 14 avril 1988, sous le nom de Sébastien Fuchs. Le premier enfant de M., 21 ans et B. 22 ans (enfin, c'est ce qu'on m'a dit!).

Mon père marin militaire est très régulièrement en mission avec l'armée (6 à 8 mois par an). Pour ma mère c'est encore l'époque des fêtes et des amis. Des parents qui ne sont pas préparés, c'est sans doute pour cette raison que les premières années de ma vie je les passe dans la maison familiale, avec mes grand-parents et mes oncles.

Il y a mon grand père touché par un cancer des poumons (parti quand j'avais 5 ans) et ma grand mère dépassée par ses 4 enfants.

Parfois j'allais chez les grand-parents du coté de mon père. Mais eux, ils me regardaient toujours comme un étranger, je ne comprenais pas...

A mes 6 ans, mes parents attendent un autre enfant. Un peu comme une deuxième chance pour eux. Ils veulent faire les choses bien. Ils se marient à la mairie, même à l'église et achètent leur propre maison dans le village d'à coté. Et voilà, ma sœur est arrivée. 

Pour ma part ça se complique davantage: Ils font leur vie à trois, me laissant seul. C’est d’ailleurs là que je me réfugie dans le monde du sport (piscine le mardi et jeudi, athlétisme le mercredi, basket le vendredi et samedi et le dimanche c'était en général compétition..). Au moins quand je fais du sport, personne ne m’embête. 

A 11 ans mon père annonce qu'on va partir dans le sud de la France. Je pourrai continuer le sport, c'est déjà ça. Je suis dans un bon club d'athlétisme et j'ai un bon niveau. Je pars souvent en déplacement sur des compétitions.

De nombreux problèmes familiaux viennent. Le plus possible, je passe mon adolescence loin d'eux. Avec l'échec scolaire qui va avec, bien sur...

A mes 17 ans, je suis en BEP menuiserie quand mes parents m'annoncent une mutation en Martinique. Je négocie avec le prétexte qu'il me reste qu'un an d'étude. 

Il n'aura pas fallu mille et un arguments pour rester en métropole. Je finis donc ma dernière année de cour en logeant dans une chambre d'un ancien voisin.

Et voila mes 18 ans qui arrivent. Un petit message de mes parents. "Bon maintenant t'es majeur tu te débrouilles. Tchao".

Je m'engage pour trois ans à l'armée en tant que maître chien, je fais du canicross et deviens quatre fois champion de France, trois fois champion d'Europe et une fois champion du Monde.

Un peu lassé de l'armée, je la quitte. Je fais des petits boulots et reprends la course à pied en individuel: d'abord sur route puis en montagne et en trail.

Rapidement recruté par Adidas, je gagne le Lavaredo Ultra Trail, la 6000D et deviens aussi champion de France de trail 2013. Cette même année, mes parents reprennent contact avec moi (ils me suivent sur facebook et leurs amis leur parlent de moi).

Mais bon, trop de choses se sont passées et le contact est très difficile. Ca se résume à des messages par mail ou sms, rien de plus. Ils sont en plein divorce suite à de multiples tromperies. Parfois je vois B. mais une à deux après-midis par an.

En 2015 je suis en équipe de France de trail pour les Championnats du monde. Ma grand mère (seule personne de ma famille sur qui je peux compter) fait le déplacement car les Mondiaux sont à Annecy. Malheureusement elle fera un AVC sur les abords du parcours et perd la vie. Le jour le plus dur de ma vie sans aucun doute!

Mais pas le temps de pleurer dans ma famille. Elle n'est pas encore enterrée que ses enfants se déclarent la guerre pour le partage de l'héritage. Là, d'un coup, que ce soit ma mère ou mes oncles, ils réapparaissent tous et n'ont jamais été aussi sympas avec moi (ils attendaient un soutien de ma part en leur faveur). Je décide de couper les ponts une bonne fois pour toute. J'apprendrai d'ailleurs qu'ils ont du aller jusqu'au tribunal pour le partage...

Les années passent 2016, 2017... Ma vie de sportif continue, j'ai 29 ans, je gagne de belles courses (maxi race, templiers...). Ma vie ressemble à quelque chose et je suis heureux pour la première fois de ma vie. J'ai des projets avec Anaïs et ma famille ne m’embête plus. Il y a même le team Salomon qui me recrute, la classe!

Puis le 12 décembre 2017 mon téléphone sonne. SMS de B.: il m'avoue que s'ils se sont comportés ainsi avec moi pendant toutes ces années c'est qu'en fait ce n'est pas lui mon père biologique: en 1987/88, il était en mission de 13 mois en Afrique et quand il est rentré j'avais 2 mois... Pas besoin d'être un géni des maths pour comprendre. En rentrant de sa mission: surprise!! Il a pris une décision et m’a déclaré comme son enfant. 

Bien sur, toute la famille était au courant. Mais dans les petits villages Alsaciens, il ne faut pas "salir" l'image alors cela devait rester un secret. Maintenant il est divorcé et n'a plus de compte à rendre à cette famille. Il a donc décidé de me le dire. Avant de se lancer, il a prévenu ma mère de son intention, mais elle voulait continuer dans le mensonge...

Mais B. ne connaît pas le nom du père et ma mère ne voulait rien dire. C'est finalement un oncle qui se souvient vaguement de cette époque et me sort un certain Stéphane Gicquel, un ancien très bon coureur sur route et montagne. Pas moyen de le trouver, ni sur les réseaux sociaux, ni dans l'annuaire... Et des "Stéphane Gicquel" il y en a 10000...

J'avais vu sur internet un Stéphane Gicquel qui a fait le marathon de Colmar en 2015. Je trouve une photo de lui et l'envoie à mon oncle qui me confirme que c'est bien lui.C'est d’ailleurs un choc de plus: je me rends compte qu'on était dans le même club d'athlétisme pendant mon enfance et qu'on a fait plusieurs courses ensemble. On avait aussi le même entraîneur. En 2016 on a même fait un cross ensemble.

Je contacte l'organisation qui me connaissait et ils m'ont de suite donné son numéro. Je lui téléphone, un peu flippé j'avoue. C'est marrant car du coup il me connaissait par mes résultats en trail. La première chose que je lui demande est s'il est au courant que je suis son fils. Evidemment, M. le lui a toujours caché également. Quelques jours après, on se rencontre et on passe un test ADN pour être sur.  Mais bon, rien que physiquement il n'y avait plus trop de doute... Et voila aujourd'hui j'ai un père, Stéphane mais aussi des (demis) frère et sœur...

C'est peut être bizarre de raconter tout ça, mais je ne suis pas un menteur et je n'ai rien à cacher. Maintenant vous savez ce qui m’a fait courir et me dépasser tout ce temps et pour bien des années encore, avec aujourd'hui, certainement une autre sorte de motivation.  

 

 

 

       

      

    

    

    

    

    

   

    

    

Sébastien Spehler © 2016

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